ASSOCIATION des CAPITAINES au LONG COURS et CAPITAINES de 1ère classe

 

Bulletin N°113 (avril-mai-juin 2015)

                                                                                   ÉDITORIAL


Notre séjour au Havre fut une belle réussite, le comité, l'assemblée générale et les repas ont connus une ambiance particulièrement chaleureuse. Un grand merci à Jacques ERNAUT et Pierre COLE qui ont sauvé ce grand rendez -vous annuel de notre association. Les présidents de sections vous interrogeront sur votre participation éventuelle au congrès 2016 qui se tiendra à Marseille en vous communiquant le programme prévis ionnel de nos amis du Sud-Est. Merci de répondre rapidement afin d'aider les organisateurs à finaliser leurs négociations.
Une éclaircie semble se dessiner pour la SNCM les trois repreneurs potentiels ayant refait une offre à la demande du tribunal de commerce et à l'annonce que Bruxelles abandonnerait sa demande de remboursement des subventions de l'Etat. Il n'en reste pas moins que si reprise il y a ce sera sur des bases qui entraineront une réduction importante de l'emploi. Pour MyFerryLink l'autorité de la concurrence de la perfide Albi on s'acharne à vouloir lui
interdire l'accès à DOUVRES en faisant appel de la décision de la Cour d'Appel de Londres. Feuilleton à suivre avec hélas encore 600 emplois menacés, ce dont notre pavillon français se passerait bien car la situation déjà peu brillante deviendrait catastrophique. Administra tion maritime démantelée, flotte à un niveau dramatiquement bas, jamais la marine marchande n'avait été aussi près de l'extinction définitive. C'est peut-être pour cela que le nouveau site du Havre de l'ENSM est peint en noir!
Une grande figure de notre association, Jean BECKER, vient de nous quitter. Vous lirez, à la suite de ces quelques lignes édi toriales, le très beau témoignage de Pierre ESTUR sur la personnalité remarquable de Jean.
je vous souhaite un très bon Eté en espérant que les nouvelles de notre "marmar" seront meilleures à la rentrée.


Bernard DATCHARRY


JEAN BECKER – TEMOIGNAGE.


J’ai connu Jean en 1944, à l’ENMM de Paris. C’était Avenue de Ségur. Les survivants de cette époque n’ont pas oublié le lieu, ni la grande silhouette de Jean.
Deux centres d’intérêt ont accompagné la vie de Jean : la mer et la science. Sa période de navigation professionnelle a été marquée par un évènement resté glorieux dans les annales maritimes : le sauvetage de l’équipage du « Greenville », dans l’Atlantique Nord par l’ « Ile de France », par mer grosse. Jean, alors officier de navigation sur ce paquebot, a participé au sauvetage en qualité de patron d’une embarcation. Après 9 ans de navigation, changement de cap total avec son entrée à la Colombia University de New York. Jean en avait largement les capacités. Durant plusieurs années, il a vécu aux Etats-Unis, spécialisé dans la recherche et la conception d’ordinateurs, domaine en pleine évolution.
De retour en France, Jean a fait carrière à la Compagnie des machines Bull dont il est devenu directeur.
Il a pu alors satisfaire sa passion pour la mer. Hiver comme été, il partait les week ends dans le Morbihan faire de la voile sur un Wauquiez dont il était copropriétaire. La retraite venue, il m’a convié sur son bateau. Resté d’esprit très Capitaine au long cours, son bateau vendu, il a proposé à quelques uns d’entre nous, de louer chaque année un plus grand voilier dont il était le skipper. Plusieurs équipiers sont encore des nôtres, et c’est avec nostalgie, et grand plaisir, que nous évoquons nos souvenirs communs de franche camaraderie.
Jean était un homme réservé, ne faisant pas état de sa culture et de ses connaissances scientifiques, mais toujours prêtà rendre service. Il a, par exemple, informatisé la gestion du consistoire de l’église Luthérienne dont il fut un membre actif au niveau national. Il fut longtemps membre de notre Comité et vice- président. Au début de Février dernier, il avait proposé de se retirer du Comité.
Sa finesse d’esprit se révélait dans un humour savoureux, très personnel. L’un des nôtres à qui j’annonçais le décès de Jean qu’il connaissait bien, a résumé ainsi son sentiment : « J’avais du respect pour Jean. C’était un grand Monsieur. »
Merci, Jean, d’avoir été notre compagnon de route.


Pierre ESTUR