ASSOCIATION des CAPITAINES au LONG COURS et CAPITAINES de 1ère classe

 

Bulletin N°110 (août_septembre-octobre 2014)

 

EDITORIAL        

Triste constat au sortir d’un été atypique du coté météo mais qui, je l’espère, vous aura permis de vous préparer à affronter les mois difficiles qui nous attendent: la situation est toujours aussi mauvaise en ce qui concerne notre marine marchande sous pavillon français ; les espoirs nés à la suite du rapport LEROY sont déçus. Une fois de plus les belles déclarations de nos dirigeants politiques qui ont suivi, tant au CIMER du 2 décembre que lors des Assises de la mer des 3 et 4 décembre 2013, sont restées sans suite, à l’exception du texte sur l’embarquement des gardes armés civils adopté le 19 juin dernier. La non-modification de la loi de 1992 sur les transports pétroliers a poussé Maersk à la fermeture de sa flotte armée sous paviHon RIF soit une perte de six navires et surtout 120 emplois, navigants et sédentaires.
La grève catastrophique de la SNSM, les atermoiements de la gouvernance (tant État que privé), les décisions consternantes des technocrates de Bruxelles poussent inexorablement cette compagnie vers un dépôt de bilan. Des repreneurs se sont cependant déclarés; donc le seul et mince espoir est une renaissance positive sur des bases sociales plus saines et raisonnables avec des règles claires sur la délégation de service publique entre Corse et continent.
Le remaniement ministériel du mois d’août a entraîné l’arrivée d’un nouveau secrétaire d’État chargé des transports, Frédéric CUVILLIER ayant préféré se retirer estimant qu’il n'avait pas les moyens de mener une politique constructive pour le secteur maritime. Il a, semble-t-il, eu plus de succès pour la pêche que pour la marine marchande. Sa regrettable décision de rattacher le Conseil supérieur de la Navigation de Plaisance et des Sports Nautiques à la Direction des Affaires Maritimes a poussé le pré­sident Gérard d’ABOVILLE, qui menait avec brio cet organe de réflexion et de proposition, à la démis­sion.
L’avenir de MyFerryLink est bien menacé devant les attaques de l’autorité de la concurrence bri­tannique qui considère qu’Eurotunnel est en situation de monopole sur le détroit. Alors que cette com­pagnie était en bonne voie de succès elle risque une déstabilisation qui pourrait conduire à sa disparition.
Une bonne nouvelle : la nomination de notre collègue Frédéric MONCANY, actuel président de la Fédération des pilotes, à la tête du Cluster maritime où il remplacera Francis VALLAT le 3 décembre prochain. Nous lui souhaitons plein succès dans cette nouvelle mission.
Saluons le succès des opérations qui ont permis de renflouer puis de mener le COSTA CONCOR- DIA à Gênes où il sera démantelé, un remarquable exploit technique. L’ancien commandant a, lui, eu l’impudence d’accepter de donner une conférence à l’université romaine « La Sapienza » sur la gestion de panique...
Nous sommes toujours à la recherche d’un point de chute pour notre congrès 2015, nos camarades du Finistère ne semblant pas être en mesure d’assurer leur tour. Il est indispensable qu’une solu­tion soit trouvée avant la parution du n° 111 du Long Courrier.
Ayons une pensée pour les victimes directes ou indirectes des « barbares » qui n’ont aucun respect de la vie humaine. Des milliers de personnes sont contraintes à l’émigration pour fuir leurs sévices dans des conditions épouvantables comme celles qui prévalent en Méditerranée et qui se concluent trop sou­vent par des naufrages meurtriers.
Je vous recommande la lecture du récit de Daniel RIGOLET sur sa lutte pour imposer la combi­naison de survie qu’il avait conçue après le dramatique naufrage du MAORI en 1973. Vous trouverez la fiche bibliographique sur ce livre en fin de bulletin.
Enfin, je tiens à saluer la mémoire de notre collègue Michel BILHAUT de la section BSV qui vient de nous quitter. Après une belle carrière aux Messageries Maritimes puis au ministère chargé de la mer, il a consacré sa retraite à la philatélie et à sa famille.
Une fois de plus mon éditorial est sombre mais hélas il m’est difficile de trouver des nouvelles réjouissantes dans notre univers maritime national.

Bernard Datcharry